• Laurence Garnier

Projet contesté de CHU sur l'île de Nantes : il est encore temps de dire stop !




Alors que la crise sanitaire a mis en avant les insuffisances de notre système hospitalier, le projet de nouveau CHU de Nantes prévoit de supprimer 231 lits et 400 emplois. Ce scandale sanitaire va à l’encontre de toutes les déclarations du ministre de la Santé, qui a annoncé en avril dernier l’arrêt de tous les projets de restructuration hospitalière en France.

Depuis 10 ans, incohérences et mensonges rythment l’avancée de ce projet fou à plus d’un milliard d’euros.

- Incohérences concernant le site choisi, situé en zone inondable, coincé entre les deux bras de la Loire, inaccessible et situé sous la trajectoire aérienne des avions depuis l’abandon du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes.

- Incohérence d’un projet de regroupement des structures de soins nantaises qui ne verra pas le jour après le refus du centre de cancérologie de rejoindre le site.

- Incohérence d’un projet déjà caduc avant d’être lancé. Le site de l’île de Nantes est 4 fois plus petit que les surfaces actuellement occupées par les 2 sites. Parallèlement la population de la région augmente et vieillit plus vite que prévu. A un tel point que le CHU de Nantes envisage finalement de conserver une partie de son activité sur le site de Laënnec, alors même que l’origine du projet de nouveau CHU était précisément le regroupement des sites.

- Mensonges de la Présidente de Nantes Métropole sur les suppressions de postes. Présidente du conseil de surveillance du CHU elle les a validées. Mais depuis la pandémie elle fait volte-face pour revoir la capacité hospitalière à la hausse. Cette équation est intenable et elle devra en rendre des comptes devant les Nantais.

- Mensonges d’un hôpital dont le financement n’est toujours pas bouclé, et que la Chambre régionale des Comptes conditionne précisément à la diminution impérative du nombre de lits et d’emplois.

- Incohérences dénoncées par des forces politiques, associatives et syndicales de toutes sensi- bilités, et par plus de 100 maires et élus locaux de Loire-Atlantique.

Moins de lits, moins de soignants, un financement défaillant et un hôpital déjà trop petit avant même le début de sa construction : il est encore temps de dire stop à cette bombe à retardement sanitaire. J’en appelle au bon sens et au pragmatisme du ministre de la Santé pour remettre à plat ce projet irresponsable.

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